Vers un moratoire sur la reconnaissance par l’IA en Europe

Vidéosurveillance et reconnaissance faciale

Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) plaide auprès de la Commission européenne pour un moratoire. Il souhaite interdire provisoirement les technologies de reconnaissance dans les lieux publics, dont la reconnaissance faciale.

Les technologies biométriques seraient-elles en passe d’envahir l’espace public ? Celles-ci inquiètent en tout cas le Contrôleur européen à la protection des données (CEPD). En charge de l’application de la réglementation en Europe, l’organe souhaite l’application d’un moratoire.

La reconnaissance faciale, actuellement décriée pour ses biais et dérives, est naturellement concernée. Toutefois, pour le patron de l’autorité, Wojciech Wiewiórowski, le moratoire doit être étendu à d’autres technologies.

L’Europe a abandonné son projet d’interdiction de 3 à 5 ans

Les différentes technologies de reconnaissance, basées sur les données biométriques, sont ainsi visées par le CEPD. Celui-ci préconise à la Commission une interdiction temporaire de ces applications dans les lieux publics.

Seraient ainsi concernés les outils de reconnaissance biométrique basés sur la démarche, les empreintes digitales, l’ADN, la voix, la frappe sur le clavier ou toute autre donnée biométriques ou comportementale.

Plus tôt cette année, la vice-présidente de la Commission, Margrethe Vestager, s’inquiétait elle-même des risques inhérents à la reconnaissance faciale. Selon la dirigeante européenne, le RGPD plaiderait d’ailleurs pour son interdiction, même si des exceptions permettent son déploiement.

Lors de l’European AI Forum, Margrethe Vestager mettait en garde contre certaines applications de l’intelligence artificielle, en particulier pour des usages policiers. Elle cible notamment les techniques de police prédictive.

Régulateurs et entreprises dans l’attente de règles précises

Ces techniques pourraient viser notamment les immigrés et les personnes appartenant à certains groupes ethniques. Pour la représentante de la Commission, « cela n’est pas acceptable. » L’exécutif européen ne semble néanmoins plus enclin à interdire pour 3 à 5 ans la reconnaissance faciale, comme il l’envisageait auparavant.

La priorité est désormais à une position commune sur l’encadrement réglementaire de cette technologie. Entreprises et autorités de contrôle appellent à définir des règles claires. En attendant, des multinationales ont décidé de suspendre la vente à la police de solutions de reconnaissance faciale.

C’est le cas d’Amazon aux Etats-Unis. « Nous espérons que ce moratoire d’un an pourra donner au Congrès suffisamment de temps pour mettre en œuvre des règles appropriées, et nous sommes prêts à apporter notre aide si on nous le demande » souligne la firme.

A propos de Christophe Auffray 352 Articles
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