Uber appelé à faire la transparence sur son algorithme et ses données

Uber appelé à faire la transparence sur son algorithme et ses données

Le service de VTC et de livraison à domicile Uber est attaqué aux Pays-Bas. Un syndicat de chauffeurs et coursiers demande à accéder aux données utilisées par Uber pour prendre ses décisions. Au cœur de la plainte, la transparence des algorithmes des plateformes.

C’est une dure semaine qui s’ouvre pour Uber et son modèle économique basé sur des travailleurs indépendants. Un syndicat de chauffeurs et coursiers, l’App Drivers and Couriers Union (ADCU) poursuit la firme devant la justice des Pays-Bas, où Uber dispose de son siège social.

Les plaignants souhaitent ainsi obtenir la transparence sur le fonctionnement de l’algorithme du service en ligne exploité pour attribué les courses. Pour le syndicat, cette transparence est indispensable pour établir discrimination ou inégalité dans le traitement entre conducteurs.

Des décisions prises sans transparence pour les utilisateurs

Pour Anton Ekker, l’avocat des plaignants, Uber « exerce un contrôle par le biais des données et de la prise de décision automatisée. » Il poursuit : « L’application décide des millions de fois par jour qui recevra quelle course : qui a les bonnes courses, qui a les petites. »

La portée de la plainte va cependant au-delà du seul cas d’Uber. « Le problème est partout. Les algorithmes et les données donnent beaucoup de contrôle, mais les personnes qui y sont soumises n’en sont souvent plus conscientes » insiste l’avocat.

Les chauffeurs plaignants souhaitent donc avoir accès aux données les concernant et permettant à Uber d’établir un profil. Cela comprend notamment les commentaires transmis par les clients.

L’ADCU dénonce le secret entourant ces données et leur poids dans les décisions prises par l’application pour affecter les courses. L’organisation considère qu’Uber est dans l’obligation de transmettre ces données dans le cadre du RGPD.

Les chauffeurs réclament l’accès aux données de profilage

Les plaignants demandent ainsi à accéder aux profils détaillés des chauffeurs, aux commentaires des salariés d’Uber les concernant et à la façon dont sont traitées plus d’une vingtaine de catégories de données recueillies par la firme.

« Uber collecte de grandes quantités de données qui fournissent une image très précise de, entre autres, l’utilisation de l’application Uber driver, la localisation et le comportement de conduite du conducteur, la communication avec les clients et le service d’assistance Uber » détaille la plainte.

Un autre dossier brulant attend cependant Uber cette semaine. L’entreprise conteste devant la plus haute juridiction britannique une décision attribuant à deux chauffeurs le statut de salariés.

Ce jugement reconnaît aux travailleurs indépendants le droit à un salaire minimum et aux congés payés. Si cette décision devait faire jurisprudence, elle menacerait le modèle économique d’Uber – et d’autres plateformes en ligne.

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