Transports : les politiques appellent l’intelligence artificielle à l’aide face à la menace

Les politiques appellent l’intelligence artificielle à l’aide face à la menace

La présidente de région Valérie Pécresse souhaite recourir à l’intelligence artificielle pour sécuriser les réseaux de transport. Le ministre du secteur, Jean-Baptiste Djebbari, se dit « assez favorable » à l’utilisation de la reconnaissance faciale.

Criminalité et terrorisme militent en faveur de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les transports. Et c’est plus précisément ses applications en matière de reconnaissance faciale en faveur desquelles plaide Valérie Pécresse.

Dans les colonnes du Parisien, la présidente de la région Ile-de-France, préconise son utilisation dans le cadre de la lutte contre la délinquance. Motif ? Les transports en commun d’Ile-de-France représentent un quart des agressions.

Des caméras « partout » mais pas d’utilisation de l’IA

La reconnaissance faciale aiderait ainsi à identifier les délinquants, met en avant l’élue. Et le contexte sécuritaire actuel pourrait bien lui valoir une certaine écoute, au détriment des libertés individuelles cependant.

« Nous sommes en risque terroriste très élevé, or on n’a aucun moyen d’utiliser l’intelligence artificielle pour les repérer alors qu’on a désormais des caméras partout. N’attendons pas un drame pour agir ! » réagit ainsi Valérie Pécresse.

Elle propose donc pour accompagner cette réflexion la création d’un comité d’éthique. Celui-ci aurait pour but de « trouver un juste équilibre entre l’impératif de sécurisation des réseaux de transports et la préservation des libertés ».

Un comité d’éthique ne suffirait pas cependant. La législation encadre strictement ces usages, dont le RGPD. « La reconnaissance faciale, tout comme les autres techniques biométriques, n’est jamais un traitement tout à fait anodin » rappelle d’ailleurs la Cnil.

Interrogé sur Europe 1 sur le recours à l’IA pour lutter contre le terrorisme, le ministre des transports s’y dit « assez favorable ». Jean-Baptiste Djebbari fait ainsi un parallèle avec le système de détection du masque testé temporairement dans quelques stations parisiennes.

L’IA déjà utilisée pour détecter le port du masque

« C’est comme ça qu’on a pu savoir que 95% des usagers des transports portaient bien le masque » souligne le ministre. Il oublie cependant que l’expérimentation prenait fin après seulement quelques semaines. Un tel dispositif, intrusif, suppose en effet un droit d’opposition des individus.

Toute la complexité, c’est en effet la conciliation avec les libertés individuelles. « On recherche des comportements, pas des personnes » suggère néanmoins le ministre. Comportements et individus semblent pourtant indissociables.

« L’idée d’utiliser l’intelligence artificielle est de détecter des comportements suspects, et c’est mis en place dans beaucoup de pays » préfère cependant retenir Jean-Baptiste Djebbari. Cette IA n’est pas nécessairement de la reconnaissance faciale, concède-t-il.

« Je ne sais pas si la reconnaissance faciale est la technique qui permet le mieux de déceler les comportements suspects, mais la plupart des pays en avance sur le sujet s’appuient beaucoup dessus pour détecter les comportements anormaux » insiste-t-il. Le ministre cite notamment les États-Unis où cette technologie est pourtant de plus en plus décriée.

Les politiques, en période de crise, s’empressent d’avancer des propositions. En 2018, ils étaient moins nombreux à répondre à l’appel de la Cnil autour d’un « débat démocratique » sur la reconnaissance faciale. En novembre dernier, le régulateur apportait des éléments au débat… sans que le politique, notamment parmi le gouvernement, ne s’en empare.

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