Renault décidé à optimiser l’usage des données industrielles avec Google

Renault optimise l’usage des données industrielles avec Google
© Ignacio Nacho GALLEGO

Renault signe un partenariat avec Google autour des technologies de machine learning et d’intelligence artificielle. Le fabricant souhaite ainsi accélérer la digitalisation des usines et optimiser sa plateforme de données industrielles. Le renforcement de la culture data interne est une des priorités de l’alliance.

Constructeurs automobiles et géants du numérique multiplient les partenariats technologiques, notamment autour du véhicule connecté. Ce domaine n’est pas le seul à rapprocher industriels et spécialistes des technologies.

L’industrie 4.0 est aussi un terrain fertile aux partenariats. Renault vient d’ailleurs de conclure un accord avec Google. Le fabricant français compte notamment s’appuyer sur l’expertise de la firme californienne dans les domaines de l’intelligence artificielle et du machine learning.

70% des machines connectées d’ici fin 2021

L’objectif global de ce partenariat est ainsi d’accélérer « la digitalisation du système industriel » du groupe automobile. Et cela englobe les applications liées aux données. Dans ce secteur, Renault dispose de sa propre plateforme de données industrielles.

En développement depuis 2016, elle connecte 22 sites industriels, comprenant 2500 machines, et en agrège les données. Pour la marque au losange, 76% de sa production de véhicules sont ainsi connectées à sa plateforme de données.

© Jean-Brice LEMAL/Planimonteur
© Jean-Brice LEMAL/Planimonteur

Grâce à son accord avec Google et à ses solutions cloud, Renault prévoit notamment d’optimiser sa gestion de données industrielle. Le constructeur souligne toutefois qu’il demeure propriétaire de sa plateforme. Une partie de l’architecture et du traitement restent en usines. L’autre volet s’appuie sur des ressources externes dans le cloud.

Les données vont bénéficier des fonctionnalités d’intelligence artificielle conçues par Google. Il s’agit pour le fabricant français d’améliorer « l’efficacité de sa chaîne d’approvisionnement et de sa fabrication, la qualité de sa production, et la réduction de l’impact environnemental par des économies d’énergie. »

Sur le front de la consommation d’énergie, Renault compte ainsi économiser de 10 à 30% d’électricité via notamment l’exploitation de l’intelligence artificielle. Pour cela, l’industriel prévoit un traitement poussé des données permis par une connectivité accrue des équipements.

La culture Data : élément essentiel de la vie professionnelle

Eric Marchiol, le directeur du digital de la marque, précise ainsi que d’ici la fin de l’année prochaine, ce sont près de 70% des machines qui seront connectées. Cette connexion permettra alors une remontée automatisée des données.

La crise du Covid-19 a cependant ravivé le débat autour de la souveraineté numérique. Ce rapprochement du fleuron français avec Google pourrait être interprété comme un pied de nez ou un exemple de plus de la dépendance technologique.

Renault se montre cependant confiant, rappelant qu’il demeure propriétaire de ses données, dont la localisation et le chiffrement seront garantis en Europe. Quid néanmoins de l’apprentissage dont les algorithmes d’IA de Google bénéficieront grâce aux données de l’industriel ?

Mais ce partenariat permet dans le même temps à Renault d’accéder à des technologies et compétences dont il ne dispose pas. En matière de compétences justement, l’accord prévoit un programme de formation des salariés. Un des objectifs est ainsi le renforcement de la culture data en interne.

Pour le constructeur, cette culture des données « constitue aujourd’hui un élément essentiel de la vie professionnelle quotidienne, tant au niveau des processus opérationnels que décisionnels. »

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