Les données de paiement dessinent la vie en période d’épidémie

Données de paiement par Lydia

Illustrer le comportement des Français au début et pendant l’épidémie de Covid-19 : c’est le travail auquel se livre la fintech Lydia grâce à l’analyse des dépenses de centaines de milliers d’utilisateurs de ses services de paiement.

Comment concilier les gestes barrière promus par les autorités sanitaires avec l’utilisation des espèces en tant que moyen de paiement ? En y renonçant, pour une grande partie des Français, qui privilégient la carte bancaire, dont le sans contact.

Toutefois, la chute des retraits et des espèces telle qu’illustrée par Lydia, tient aussi à l’évolution des comportements d’achat et au bouleversement du quotidien. Comme le soulignait une récente étude, Les espèces sont le moyen de paiement des achats du quotidien (pain, marché, café…).

Adieu dépenses en espèces du quotidien

Or, du fait du confinement et de la fermeture de nombreux commerces, ces achats ont disparu. Dans les boutiques, toujours ouvertes, comme les boulangeries, les professionnels s’inquiètent eux aussi. Les consommateurs les désertent au profit des supermarchés, comme le rapporte la presse.

Les médias avaient relaté aussi l’exode des parisiens au début du confinement, quittant la capitale pour leurs résidences secondaires. Les données de paiement de Lydia aux péages confirment ce mouvement de population, en particulier les jeunes.

Exode parisien capté par les données des péages

« Les 16 et 17 mars, les volumes liés à ce type de dépenses ont évolué par rapport aux mêmes jours du mois précédent de : +273% pour les 18-21 ans ; +377% pour les 22-24 ans ; +145% pour les 25-28 ans ; +67% pour les 29-35 ans ; +4% pour les plus de 36 ans. »

Mais qu’on soit confiné en région parisienne ou en province, il reste à occuper son temps, notamment pour les étudiants, pas concernés par le télétravail. Les dépenses en faveur des divertissements numériques, dont les jeux vidéo, ont ainsi fortement augmenté parmi cette tranche de population – et pas seulement.

Explosion des achats alimentaires le 16 mars

La presse l’avait là aussi largement relayé : la ruée sur les rayons alimentaires avant l’application du confinement. Et les achats ont largement dépassé les besoins des consommateurs, créant tensions et pénuries.

Sur un mois, l’évolution du volume des dépenses au sein des grandes enseignes alimentaires était de plus de 300% le lundi 16 mars. La tendance s’est inversée les jours suivants jusqu’à un recul sur un mois des dépenses alimentaires. Cette trajectoire devrait se poursuivre en raison des achats déraisonnables de certains Français.

La fintech précise d’ailleurs que ses Data Scientists n’ont accès qu’à des données entièrement anonymisées et pré-agrégées. « En clair, cela rend impossible toute analyse fine des comportements de chacun, et leur permet seulement d’obtenir une vision globale des comportements des Français à l’échelle du pays. » Les dérives individuelles bénéficient du secret statistique.

A propos de Christophe Auffray 356 Articles
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