La maîtrise des Data source de gain de rentabilité pour les entreprises

La maîtrise des Data source de gain de rentabilité pour les entreprises

Être un « data master », cela paie pour une organisation. Les plus performantes sur les données dégageraient ainsi plus de revenus par salarié. En termes de rentabilité, le gain est estimé à 22%. Banques et assurances sont les plus en avance sur la valorisation de leur Data.

Définir une stratégie digitale est aujourd’hui une évidence, voire un impératif, pour nombre d’entreprises. Ces dernières s’efforcent depuis quelques années de la compléter d’une stratégie Data.

Mais pour quel ROI ? D’après une étude du Capgemini Research Institute, les gains en matière de valorisation des données sont plus que significatifs. Les plus mâtures dans l’utilisation des données « enregistrent des performances financières nettement supérieures aux autres. »

16% d’entreprises maitrisent réellement la donnée

L’étude évalue les gains à plus de 70% en ce qui concerne le revenu par salarié. Du côté de la rentabilité, la plus-value s’affiche à 22%. Mais ces performances sont loin encore de concerner une majorité d’organisations.

En effet, « à peine 40% des entreprises utilisent l’information issue de ces données pour stimuler la valeur commerciale et l’innovation ». Ainsi, seules 16% pourraient revendiquer maitriser la donnée. Pour des raisons de compétitivités, 84% doivent donc progresser dans ce secteur.  

Néanmoins, ne pas appartenir à ces 16% ne signifie pas qu’aucun projet n’est mené. Dans le domaine de la prise de décision, 50% recourent effectivement à la donnée. C’est aux États-Unis que cette proportion est la plus forte (77%). En Europe, Allemagne et Royaume-Uni sont aux avant-postes avec 69%.

En termes de secteurs, deux d’entre eux se démarquent. Il s’agit, sans surprise, de la banque et de l’assurance à respectivement 65% et 44%. Pour Capgemini, ce sont les « plus avancées en matière de valorisation de leurs données » dans le processus de décision.

Lacunes dans la confiance et la qualité des données

Les entreprises progressent dans leur ensemble, même si elles se cantonnent encore à l’usage de données dites « historiques ». Cette utilisation tient donc d’une « approche décisionnelle réactive » d’après l’étude.

Modèles d’analyse prédictive (23%) et approche prescriptive (18%) ne sont pas la norme. Les promesses de ROI pourraient favoriser les investissements dans ce secteur néanmoins. Parmi les « data masters », fidélisation client et CA profitent de l’exploitation de la Data (+30 à 90%).

L’étude met aussi en avant des améliorations en termes d’efficacité opérationnelle et de réduction des coûts. Pourquoi dès lors les entreprises n’engagent-elles pas plus de moyens ? D’abord parce que ces bénéfices restent théoriques.

Mais pour Capgemini, cela tient également à la confiance accordée aux données. L’étude note un véritable déficit de confiance des dirigeants. Seuls 20% font confiance aux données. Parmi les responsables techniques, c’est 62%. Cela s’explique, entre autres, par une mauvaise qualité perçue (voire réelle) des données.

Pas assez de dirigeants sensibles à la valeur du patrimoine Data

Les décideurs doutent également des avantages qu’ils peuvent tirer de l’exploitation des données. Dans la banque, 54% « conviennent qu’activer leurs données leur confère un avantage compétitif durable ». Dans le retail, cette part recule à 32%.

Pour Zhiwei Jiang de Capgemini, les « chefs d’entreprise doivent impérativement se pencher sur leur stratégie data et sur leurs voies d’innovation ». L’expert retient un déficit de compétences en interne.

« Ils n’ont pas encore suffisamment de cadres supérieurs qui comprennent la valeur de leur patrimoine de données pour guider leurs organisations (…) Un changement de mentalité est nécessaire. S’ils veulent profiter de la valeur de l’activation de leurs données, les dirigeants doivent accepter et adopter une culture d’expérimentation agile. »

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A propos de Christophe Auffray 433 Articles
De formation initiale en marketing Web et en économie, je me suis spécialisé par la suite dans la presse B2B consacrée à l'économie numérique et dispose dans ce secteur de 15 ans d'expérience. Spécialiste de la transformation numérique, de l'innovation et des nouveaux business models des entreprises, j'ai développé des compétences dans les domaines du marketing éditorial, de la stratégie éditoriale, de la production de contenus premium et la gestion de sites d'information et d'équipe dans l'univers des médias en ligne et du marketing des solutions innovantes.