« Incomprise », StopCovid est désormais conforme au RGPD

2% des Français ont activé StopCovid

Le ministère de la Santé échappe aux sanctions. La Cnil lève sa mise en demeure visant l’application de contact tracing StopCovid. L’Etat a corrigé les irrégularités responsables de manquements au RGPD.

L’application mobile devait contribuer à la lutte contre l’épidémie de Covid-19, notamment face au risque de seconde vague. Mais de l’aveu même du premier ministre, Jean Castex, StopCovid « n’a pas obtenu les résultats » escomptés.

Pire peut-être, l’outil de suivi des contacts était épinglé par la Cnil pour des « irrégularités » au regard de la législation sur la protection des données. Cela ne changera sans doute pas le destin de StopCovid, mais ces erreurs appartiennent désormais au passé.

Analyse d’impact et reCaptcha Google en cause

La mise en demeure en juillet du régulateur n’est en effet plus à l’ordre de jour. Le ministère de la Santé a répondu aux attentes de la Cnil.  Celui-ci « a en effet pris les mesures nécessaires pour se mettre en conformité avec les injonctions de la mise en demeure » relève-t-elle.

Ainsi, la première version de StopCovid collectait trop de données. La second corrigeait ce travers, mais n’était cependant pas généralisée. A présent, les utilisateurs de la V1 sont contraints de procéder à la mise à jour pour utiliser l’application.

Un écran les empêche pour cela « d’activer l’application ou de remonter leurs données de contact sans procéder à une mise à jour préalable. » Avec la V2 ou V1.1 s’effectue un préfiltrage de l’historique des contacts de l’utilisateur au niveau du téléphone.

Autre irrégularité résolue, le recours au système de « reCaptcha » de Google, à l’origine de la collecte de données personnelles. L’Etat cesse désormais d’en faire usage. Ce changement met fin aux « opérations de lecture et d’écriture sur le terminal en lien avec cette technologie » précise la Cnil.

StopCovid, une innovation malgré l’absence d’adoption

En matière de contrat de sous-traitance et d’analyse d’impact, le gendarme des données personnelles obtient là aussi gain de cause. Pour sa présidente, l’Etat français est donc à présent en règle avec le RGPD et la loi Informatique et Libertés.

Voilà pour le volet réglementaire. Car en termes d’adoption, le compte n’y est toujours pas. D’après la Direction général de la santé (DGS), StopCovid totalise 2,3 millions de téléchargements, mais tout juste 1.514 signalements de diagnostic positif.

Mais son plus fervent partisan n’en démord toujours pas cependant. Pour le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, StopCovid n’a pas été comprise des Français. Et la principale cause, véritable refrain politique, en serait une pédagogie insuffisante.

« Peut-être que nous aurions dû être plus pédagogue, qu’on leur dise que quand on ferme le smartphone l’application continue de fonctionner. Peut-être que nous aurions dû accentuer la communication, car ce qu’on voit dans les études c’est que les gens ne comprennent pas très bien à quoi ça sert » justifie-t-il sur France Culture.

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L’application devait officiellement se limiter au suivi des contacts de 15 minutes à 1 mètre de distance. Selon un chercheur et Mediapart, StopCovid se montre en réalité plus gourmande en données et trace un plus grand nombre de contacts, même distants et brefs.

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