Faut-il proscrire la reconnaissance faciale de masse en Europe ?

Vidéosurveillance et reconnaissance faciale

12 ONG se mobilisent et lancent une campagne pour encadrer l’usage en Europe des technologies biométriques, et en particulier la reconnaissance faciale.

La coalition Reclaim Your Face s’élève contre « l’abus généralisé de nos données biométriques avant et pendant la pandémie. » Ainsi, 12 associations du réseau EDRi (European Digital Rights) lançait une campagne en décembre afin de mobiliser les Européens.

Pour les ONG, les libertés fondamentales sont en effet menacées par le recours accru aux technologies biométriques. Ces usages se développent à l’initiative des États, mais aussi des entreprises privées.

L’UE doit encadrer l’usage de la biométrie

Or, dénoncent les participants de la coalition, ces solutions, comme la reconnaissance faciale, permettent « de suivre et de cibler des personnes ordinaires dans les espaces publics. » Par ailleurs, ils critiquent la position de la Commission européenne à l’égard de cette expansion.

L’exécutif européen est donc appelé à « mettre des limites aux utilisations de la biométrie », jugées tout simplement « incompatibles avec nos droits fondamentaux. » Pour les détracteurs de ces technologies, celles-ci influent notamment sur le comportement des individus.

Pourquoi ? Parce que « nous savons que nous sommes surveillés. » Et c’est sans compter sur les dérives et biais de telles technologies. Aux États-Unis, un moratoire des géants du numérique est en place depuis 2020 en raison de discriminations.

« La reconnaissance faciale et d’autres technologies biométriques (…) font de chacun de nous un suspect potentiel », dénonce le collectif. Mais surtout, « elles portent gravement atteinte à nos droits à la vie privée et à la protection des données. »

La pandémie comme alibi au développement de la biométrie

Et pour la coalition « The Reclaim Your Face », la crise sanitaire mondiale ne ferait qu’accentuer ces dérives. Ainsi, les entreprises exploiteraient la situation pour recueillir toujours plus de données biométriques.

Les ONG citent plusieurs exemples de la banalisation en cours de la reconnaissance faciale. Ainsi, pendant plusieurs mois, la ville italienne de Como installait et testait un tel système. Ce déploiement reposait sur des partenariats technologiques avec des multinationales, dont Huawei.

En outre, ces projets se mettent parfois en œuvre sans cadre juridique approprié. D’ailleurs, la Cnil italienne contraignait la municipalité de Como à mettre fin à l’usage de la reconnaissance faciale. En conséquence : une dépense d’argent public pour un système illégal.

Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) plaide lui auprès de la Commission européenne pour un moratoire. Il souhaite interdire provisoirement les technologies de reconnaissance dans les lieux publics, dont la reconnaissance faciale.

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