Data du jour : 3000 licenciements de plus pour Uber

Même sans la pandémie, Uber accusait des pertes considérables (plus de 8 milliards de dollars en 2019). La crise accentue les difficultés. En mai, Uber a ainsi licencié un quart de ses salariés, soit 6700 personnes.

La crise frappe durement les plateformes d’intermédiation comme Airbnb dans le tourisme et Uber dans le transport. Déjà largement déficitaire (8,5 milliards de dollars de pertes en 2019), Uber prévoyait néanmoins d’atteindre la rentabilité en fin d’année.

Cette prévision était toutefois antérieure au déclenchement d’une crise sanitaire mondiale. En avril, son activité de VTC a ainsi plongé de 80%. Or la mobilité représente plus de 75% des revenus d’Uber. Sur les trois premiers mois de l’année, ses pertes atteignent déjà 2,9 milliards de dollars.

3000 licenciements de plus en mai, soit 25% des effectifs

Dans ce contexte, la direction a enclenché une profonde restructuration. En mai, deux vagues de suppressions d’emplois ont été officialisées. La première concernait 3700 collaborateurs d’Uber dans le monde.

La seconde vague touche quant à elle 3000 personnes supplémentaires. La plateforme prévoit par ailleurs de fermer ou consolider 45 bureaux dans le monde. A noter que pratiquement tous les métiers de l’entreprise sont concernés.

La stratégie pour la firme consiste à se recentrer sur ses activités cœur de business que sont le transport et la livraison de repas. D’ailleurs selon son PDG, Dara Khosrowshahi, Uber Eats enregistre de bonnes performances.

Le patron reconnaît cependant dans un courriel adressé aux salariés que le métier de livraison de repas demeure déficitaire. « Je suis convaincu que les mesures que nous prenons permettront à Eats de devenir rentable, tout comme nous l’avons fait avec Rides, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain » assure-t-il cependant.

Khosrowshahi estime en outre qu’Uber n’est plus contraint de trouver des réserves de croissance sur de nouveaux marchés pour assurer sa rentabilité. « Nous n’avons plus besoin de chercher loin la prochaine énorme opportunité de croissance : nous sommes déjà assis dessus » soutient-il.

Cette affirmation est à prendre avec précaution néanmoins. Le PDG tient à tirer quelques leçons de la crise actuelle. « Ayant appris ma propre leçon personnelle sur l’imprévisibilité du monde grâce au coup de poing dans l’estomac appelé COVID-19, je ne ferai aucune déclaration avec une certitude absolue concernant notre avenir » écrit-il.

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