Data du jour : 2% des Français ont activé StopCovid

2% des Français ont activé StopCovid

Le bon démarrage de l’application de Contact Tracing du gouvernement français ne se confirme pas dans la durée. Avec 1,4 million d’activations, StopCovid ne concerne donc que 2% de la population. Pire, le nombre d’utilisateurs actifs serait encore largement inférieur.

Cédric O, secrétaire d’État au numérique, est un grand partisan de StopCovid, l’application déployée par la France pour digitaliser le suivi des contacts. Le membre du gouvernement ne manquait pas de se féliciter du lancement réussi de l’appli. Celle-ci totalisait rapidement un million d’activations.

Las, cette tendance ne s’est manifestement pas maintenue dans le temps. Le 9 juin, Le Monde annonçait 1,4 million d’activations de StopCovid. Pour être efficace, ce type de dispositif doit toucher une part suffisante de la population. Or, elle culmine aujourd’hui à environ 2% des Français.

Mauvais départ de StopCovid en comparaison d’autres apps

Le bilan est donc pour le moins décevant à ce stade. Des exemples étrangers permettent de le confirmer. En Australie, l’équivalent de StopCovid était activé par 8% de la population en tout juste 24 heures. En Norvège, cette part était de 25% au bout d’une semaine.

Une étude évoquait la nécessité (à nuancer) d’atteindre a minima 60% de la population pour qu’une application de Contact Tracing soit efficace. Le secrétaire d’Etat prend cependant, depuis le début, ses distances avec cette hypothèse.

De « telles application trouvent leur utilité dès les premiers pourcents de diffusions, notamment au sein des villes » souligne-t-il. A 2%, l’efficacité risque cependant de ne pas être au rendez-vous. D’autant que le chiffre principal est celui de l’utilisation.

Processus d'installation de StopCovid sur le PlayStore de Google
Processus d’installation de StopCovid sur le PlayStore de Google

Pour répertorier les contacts, il est indispensable que l’utilisateur de StopCovid active l’application (et le Bluetooth) à chacune de ses sorties. Selon le Monde, ces utilisateurs actifs pourraient n’être en vérité que 350.000. Cela représenterait tout juste 0,5% de la population.

Pour tirer l’adoption, le gouvernement prévoit donc une campagne de communication. Seront plus particulièrement ciblés les transports en commun des grandes villes. Le secrétariat au numérique annonce des publicités dans les transports, sur les réseaux sociaux et des spots radio.

Un budget trop coûteux ? Pas d’enjeu de coût pour Cédric O

StopCovid n’est pas seulement une question de politique sanitaire. Elle est aussi un enjeu d’efficacité de l’action publique. Malgré un coût mensuel estimé à 100.000 euros par mois, « il n’y a donc pas d’enjeu de coût financier » répond Cédric O.

D’après une estimation publiée dans L’Obs, l’exploitation de StopCovid avoisinerait plutôt les 200.000 à 300.000 euros. L’association Anticor évoque par conséquent « un risque de surfacturation » résultant de l’absence de marché public.

Trop coûteuse StopCovid ? Anticor saisit le Parquet financier

« L’application Stop Covid, qui a été développée gratuitement, coûte en revanche plus de 200 000 euros d’hébergement. Un prix très supérieur aux pratiques du marché. Anticor a saisi le Parquet national financier » fait savoir l’ONG sur Twitter.

Cette dépense devrait peser elle aussi dans l’évaluation de l’efficacité du dispositif. Dans son avis, la Cnil avait d’ailleurs insisté sur cette mesure, estimant que l’utilité réelle de StopCovid « devra être plus précisément étudiée après son lancement. »

Et cette évaluation ne doit être un simple exercice de communication politique. « La durée de mise en œuvre du dispositif devra être conditionnée aux résultats de cette évaluation régulière » considère l’Autorité de protection. 

En Norvège, l’évaluation du contact tracing conduit d’ailleurs déjà à l’arrêt de l’application à la demande de l’autorité de protection. Compte tenu de la faible propagation de l’infection, entre autres, la collecte de données ne peut être considérée comme raisonnable, estime-t-elle. Le ministère de la santé supprimera par ailleurs les données collectées.

A propos de Christophe Auffray 228 Articles
De formation initiale en marketing Web et en économie, je me suis spécialisé par la suite dans la presse B2B consacrée à l'économie numérique et dispose dans ce secteur de 15 ans d'expérience. Spécialiste de la transformation numérique, de l'innovation et des nouveaux business models des entreprises, j'ai développé des compétences dans les domaines du marketing éditorial, de la stratégie éditoriale, de la production de contenus premium et la gestion de sites d'information et d'équipe dans l'univers des médias en ligne et du marketing des solutions innovantes.